SHOOTING
slideshow installation | projector + 81 slides
2006
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Laissez donc ! Cela ne peut être la mort. Pourquoi irait-elle rôder dans le fort ? Vous n’avez pas honte, croire Une fable ? Simplement quelqu’un pour sa fête Ordonna ce carnaval, inventa ce tir, Tandis que lui, crapaud sur le mur, Du fond d’un mortier battait des paupières. Qu’elle est charmante la basse de l’hôte, Simplement semblable au canon. Et le masque n’est pas à gaz, Simplement un jouet farceur. Voyez ! Dans sa course une fusée Prend les mesures du ciel. La mort aurait-elle cette grâce À glisser sur le parquet des cieux ? Ah, ne dites pas : « le sang d’une blessure ». C’est odieux ! Simplement pour honorer les héros On les avait parés d’œillets. Bien sûr ! Le cerveau ne veut le comprendre Ni le peut : Les nuques des canons, Si ce n’est pour un baiser, Pourquoi seraient-elles Enlacées par les bras des tranchées ? Personne n’a été tué. Simplement ne tenant plus debout, On s’est couchés de la Seine au Rhin, Parce que fleurit Et grise la gangrène Sur les plates-bandes des tués. Qui dit tués ? Mais non, Ils diront : il n’y eut ni obus, ni fougasse, Et bien sûr qu’il n’y avait pas de fort ! Non ! Tous vont se relever, Simplement – Comme ça Vont revenir Et souriant conter à leur femme, Quel plaisantin, quel phénomène était leur hôte. Simplement quelqu’un inventa pour sa fête Un tas d’admirables fables.
VLADIMIR MAÏAKOVSKI, Admirables Fables